Novembre 26, 2021
Da Malacoda
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Per Marilù – Scritto di Anna dal carcere di Roma Rebibbia

Quello che segue è un testo che Anna, detenuta a Rebibbia per il processo Scripta Manent, ha scritto in occasione di una giornata dedicata a Marilù avvenuta a Roma a fine ottobre 2021.

Ci sono persone che sono un porto sicuro a cui approdare. Marilù ne aveva tutte le caratteristiche, benché spinosa ed ironica nella discussione ed in certi cinici aneddoti delle miserie di movimento, sapeva esser accogliente, sempre e comunque, senza paure e difficoltà. Nel suo raccontare e raccontarsi, fuori dalla retorica di certi suoi scritti che indugiano in un certo compiacimento agiografico nel dipinger ritratti di compagni ed episodi degli anni ’80, dava il meglio nella concretezza quotidiana, con la semplicità di chi ha conosciuto e vissuto le più svariate esperienze. Affioravano così l’onda rivoluzionaria ed i tempi di risacca ed i compagni di una vita di militanza (termine adesso un po’ retro, ma denso di significato sulle sue labbra): dai vecchi partigiani anarchici carrarini descritti in forma antiretorica, nell’atto di disseppellire i loro infracichiti tesori per aiutare i giovani di AR, ai “compagnucci” degli squat romani anni ’90 da supportare nelle occupazioni; da Horst Fantazzini negli scarsi periodi di libertà tra una galera e l’altra, avido di vita e di avventure, a Gianfranco Faina, intellettuale in lotta ed in latitanza; Fernando Del Grosso, partigiano abruzzese di cui raccontava il non darsi pace fino a quando non raggiunse tutti i responsabili della morte dei suoi fratelli trucidati dai nazi-fascisti. Il tutto mescolato tra ricordi di un viaggio in Nicaragua per appoggiare la lotta ed i racconti sul bancarellaro del Bangladesh sotto casa da aiutare con i suoi problemi di irregolare nella metropoli, i manifesti di Casa Pound sotto i portici di Piazza Vittorio da strappare (“e se nessuno mi aiuta ci vado io”, e ci andava davvero!) e la frequentazione del coro delle cantrici della tradizione popolare e di lotta, le scarpette da flamenco mostrate con orgoglio e le medicine da cardiopatica “dimenticate” nel cassetto, la sua presenza a qualsiasi corteo, prendendosi gioco dello sguardo sgomento delle guardie a veder questa signora con il cappotto color cammello e le scarpe a mezzo tacco attorniata da giovini punk, lo stesso sorriso con cui sussurrava, venti anni fa nelle strade di Genova, “si va assieme” prendendo sottobraccio i compagni che vedeva appesantiti da zaini “troppo” carichi.

La stessa densità d’esperienza stratificata catturava subito l’attenzione di chi varcava per la prima volta la soglia della vecchia casa di piazza Vittorio, anch’essa di vissuta e stropicciata nobiltà, tra il market bangla ed i negozietti cinesi, aperta giorno e notte per i compagni. Ai muri si alternavano i ritratti ad olio di un’accigliata antenata ottocentesca (Marilù proveniva da una nobile e “fascistissima” famiglia ferrarese di cui era la figlia refrattaria) ed i manifesti di lotta contro le carceri speciali; le foto dei compagni morti e le tovaglie di pizzo sciorinate per accogliere quelli vivi, i noccioli di pesco intagliati in forma d’anello “regalo di Horst quand’era in galera” e l’”agenda” con i numeri di telefono scritti a penna sul muro (“così quando vengono alla prossima perquisizione, anche se si portan via l’agenda li ho”), dietro la pesante cornice che racchiudeva la suddetta nobile accigliata.

Si capiva che non c’era alcuno stereotipo di movimento applicabile, valevano però sempre la solidarietà ed i legami indistruttibili, nonostante galere e naufragi ideali; valeva l’orgoglio, nel narrare le esperienze di lotta sue e dei suoi compagni, l’orgoglio di narrare una cosa ben fatta, un lavoro portato a termine fino in fondo.

In questo senso soprattutto è stata illuminante e luminosa nello svelare, in forma fiabesca quasi, la durezza dei colpi ricevuti e la bellezza della resistenza, liberando chi veniva a contatto con lei della zavorra che ci portiamo addosso, per viaggiare leggeri.

Si sarebbe fatta beffe pure dell’infame presenza dei questurini, fino in occasione dell’ultimo saluto a lei, ultimo aneddoto di un’anarchica sorvegliata da viva e da morta, quasi che un funerale potesse essere una manifestazione sediziosa. O forse, in questi tempi cupi, sono considerati i morti, più vivi dei vivi?

Anna, carcere di Rebibbia


Un texte d’Anna depuis la prison, à l’occasion d’une journée dédiée à Marilù

Il y a des personnes qui sont un havre sûr où se poser. Marilù en avait toutes les caractéristiques et, bien qu’elle ait été caustique et ironique dans sa façon de discuter et qu’elle ait eu l’habitude de raconter certains anecdotes cyniques sur les misères du mouvement, elle savait être accueillante, toujours et en tous les cas, sans peur ni difficultés. Quand elle racontait et se racontait, en dehors de la rhétorique de certains de ses écrits qui glissent dans une certaine complaisance hagiographique, en traçant les portraits de compagnons et d’épisodes des années 80, elle donnait le meilleur dans le caractère concret de la via quotidienne, avec la simplicité de quelqu’un qui a connu et vécu les expériences les plus différentes. Elle faisait ainsi revivre devant nous la vague révolutionnaire et l’époque de ressac, ainsi que les compagnons de toute une vie de militance (un terme, celui-ci, considéré aujourd’hui comme un peu ringard, mais chargé de sens sur ses lèvres) : des vieux partisans anarchistes de Carrara, décrits en manière non rhétorique dans l’acte de déterrer leurs trésors trempés d’humidité, pour aider les jeunes d’Azione Rivoluzionaria ; aux « petits compagnons Â» des squats de Rome dans les années 90, qu’il fallait endurer dans les occupations ; de Horst Fantazzini lors des ses rares moments de liberté, gourmand de vie et d’aventures entre une prison et l’autre ; à Gianfranco Faina, intellectuel en lutte et en cavale ; à Fernando Del Grosso, partisan originaire des Abruzzes, dont elle racontait qu’il n’a pas trouvé la paix avant d’atteindre tous les responsables de la mort de ses frères, tués par les nazi-fascistes. Tout ça entremêlé avec les souvenirs d’un voyage au Nicaragua pour soutenir la lutte et les histoires à propos du vendeur ambulant originaire du Bangladesh qui travaillait en bas de chez elle et qu’elle aidait dans ses problèmes de sans-papier dans la métropole ; avec les affiches de Casa Pound sous les arcades de Piazza Vittorio, qu’il fallait aller à arracher (« et si personne m’aide, j’y vais toute seule » et elle y allait pour de vrai !) et la participation à la chorale des chants de la tradition populaire et de lutte, les chaussures de flamenco qu’elle montrait fièrement et les médicaments pour sa cardiopathie, « oubliés » dans un tiroir, et sa participation à chaque manifestation, en se moquant du regard consterné des flics quand ils voyait cette dame, avec son manteau chameau et les chaussures à talons mi-hauts, entourées par des jeunes punks ; le même sourire avec lequel, il y a vingt ans, dans les rues de Gênes, elle susurrait « on y va ensemble », en prenant sous le bras les compagnons qu’elle voyait surchargés par des sacs « trop » remplis.

C’était cette même densité d’expérience stratifiée qui capturait immédiatement l’attention de ceux qui franchissaient pour la première fois le seuil de la vieille maison de Piazza Vittorio, ouverte jour et nuit pour les compagnons et marquée elle aussi par une noblesse vécue et froissée, entre la supérette bangladaise et les restos chinois. Sur les murs, une alternance de portraits à l’huile d’une ancêtre, renfrognée, du XIXe siècle (Marilù venait d’une famille noble et « très fasciste Â», de Ferrara, et elle en était la fille réfractaire) et les affiches de lutte contre les prisons spéciales ; les photos des compagnons morts et les nappes en dentelle pour accueillir les compagnons vivants, les noyaux de pêche sculptés en forme d’anneau, « cadeau de Horst quand il était en taule Â», et le « répertoire Â» avec les numéros de téléphone écrits au stylo sur le mur (« comme ça, quand ils arrivent pour la prochaine perquisition, je les gardes même s’ils embarquent mon répertoire Â»), derrière le lourd encadrement qui abritait la dite aristocrate renfrognée.

On comprenait qu’on ne pouvait lui coller dessus aucun stéréotype typique du mouvement, mais avec elle la solidarité et les liens indestructibles étaient toujours valables ; ce qui était valable était la fierté avec laquelle elle racontait les expériences de lutte, les siennes et celles des compagnons, la fierté de raconter un truc bien fait, un travail mené jusqu’au but.

Dans ce sens, surtout, elle a été éclairante et lumineuse lorsqu’elle révélait, d’une façon presque féerique, la dureté des coups reçus et la beauté de la résistance, en délivrant ceux qui la croisaient du lest que nous portons avec nous, de façon que l’on puisse, après, voyager légers.

Elle se serait moquée de l’ignoble présence des flics jusqu’à l’occasion du dernier salut que les compagnons lui ont offert, comme si un enterrement pouvait être une manifestation séditieuse. Ou peut-être que, en ces temps sombres, les morts sont considérés comme plus vivants que les vivants ?

Anna, prison de Rebibbia

[Depuis attaque.noblogs.org].




Fonte: Malacoda.noblogs.org